L’automne.
Automne sur ma ville, automne sur ma campagne.
Un léger vent secoue les arbres roux en pleurs.
J’entends tonner les armes en furie des chasseurs
Et de Poitiers à Sèvres, la tristesse me gagne.
Chez moi, les bords du Clain rougissent de confusion
Car les chênes riverains se dénudent lentement
En couvrant la rivière de leurs beaux vêtements
Troués par l’écolier qui lance des marrons.
La forêt d’Anxaumont flamboie au crépuscule
Comme les feux allumés dans l’âtre des cheminées.
On grâle les châtaignes mangées à la veillée
En pensant aux grands froids, au jour qui recule.
Au fond de mon jardin, paré d’or et de sang,
L’écureuil s’active à faire ses provisions
De noisettes fraîches et tendres qu’il amasse à foison
En haut du saule où il attendra le printemps.
Décidant de soigner mon vague à l’âme en ville,
J’arrive sur la place où l’on met les lampions
Pour annoncer Noël, pour changer de saison.
Un grog au café “France” réveille mes papilles.
J’ai horreur de novembre et ses fêtes morbides.
La nature se meurt, les oiseaux s’engourdissent.
De boutique en boutique, les badauds s’étourdissent.
Je retourne au village, rêver d’étés torrides.
Sèvres. 30/09/2010.
Patrice Métayer.